dimanche 2 octobre 2016

Dimanche 23 mars 2008 : D64 – La Ferté-Loupière.

Aujourd’hui, je vais randonner sur le GR 13 en Puisaye.
La Puisaye est un plateau boisé argileux, entaillé de vallées bocagères, terroir d’étangs et de clairières, de sources et de sous-bois, décrit par Colette (née à St-Sauveur-en-Puisaye en 1873). L’artisanat reste actif avec les ateliers de poteries en grès.
Il a neigé pendant la nuit. Le soleil va toutefois en faire disparaître assez rapidement les quelques traces éparses dans les champs.
Après la ferme de la Bruyère, premier passage d’un ruisseau en crue au milieu des prés. Un poteau électrique en béton couché dans le courant permet de le traverser à fleur d’eau. L’itinéraire se poursuit à travers prés et champs sur chemins boueux ou petites routes. Trois chevreuils gagnent une lisière à mon approche.
Le sentier débouche aux petits Naudins dans la vallée de l’Ouanne. La rivière est en crue. Une première passerelle me permet de la franchir, mais je ne suis pas tiré d’affaire pour autant : les prés sont inondés. Que faire ? Un détour de 3 km par un pont plus au sud, ou passer tout droit à travers prés. Je choisis de traverser l’inondation. Bientôt j’ai de l’eau presque jusqu’aux genoux ; je m’écorche le visage et les mains en essayant de me stabiliser dans les haies d’aubépine. Après quelques centaines de mètres, j’atteins une seconde passerelle.
Une fois hors de l’eau, je retire mes chaussures pour une opération d’essorage des chaussettes. Mais il faut continuer. Je débouche sur la route départementale menant à Charny, et je franchis la ligne du cyclo-rail de Puisaye. L’ancienne ligne de chemin de fer Montargis – Toucy a repris du service grâce à un système ingénieux de wagons-vélos permettant de parcourir la ligne et découvrir les paysages de Puisaye, au départ de Villiers-Saint-Benoît. Viviane et moi l’avons d’ailleurs empruntée l’été dernier.
Sur ces entrefaites, je rencontre un marcheur qui a préféré faire le détour plutôt que de se risquer dans les inondations.
Au sortir d’un bois, je retrouve Viviane et Oscar. Nous mangeons dans le Boxer au bord d’une route peu fréquentée, aux abords du bois du Petit Montigny.

Lorsque je repars dans l’après-midi, je rencontre quelques promeneurs qui profitent du soleil de cette fraîche journée de Pâques. Je longe une propriété originale, sillonnée par les rails d’un petit train, avec une gare, une voie de garage et du matériel récupéré à la SNCF. On est peut-être chez un ancien cheminot, probablement un passionné !
J’entre dans les bois et je débouche en soirée à La Ferté-Loupière. Situé à la porte septentrionale de la Puisaye, ce village est implanté au creux de la vallée du Vrin, adossé aux plateaux boisés. Son église abrite la plus célèbre fresque murale de la Puisaye, l’une des six danses macabres que l’on connaisse en France.
Viviane arrive à ma rencontre avec Oscar. Elle est frigorifiée d’avoir attendu dans le fourgon toute la journée.

Comme nous n’en sommes pas loin, nous rentrons dormir à Saint-Fargeau.


1 commentaire:

  1. Danses macabres... Une réflexion philosophique qui conjugue plus que jamais, réflexion individuelle et planétaire à l'ère de l'Anthropocène. Il s'en parlait hier aux Boucholeurs, à Yves, village de Charente Maritime où il y a eu une dizaine de morts lors d'une récente tempête, comme en d'autres villages proches... Sous peu une restitution des témoignages en blog "Réchauffement climatique", et l'accès, aux Baraques, en "médiathèque", au CD officiel offert en restaurant.
    De nouvelles digues et une population toujours profondément traumatisée.

    NB.Côté danse macabre voir aussi celle de La Chaise Dieu en Auvergne.

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